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vendredi 11 avril 2014

La Quebrada de Humahuaca : derniers jours en Argentine

Après une escale à Salta, nous remontons en voiture (sans tente sur le toit !) le nord ouest argentin, dans la région de la Quebrada de Humahuaca avec ses montagnes aux 7 couleurs. Premiers parfums andins et incas dans les villages de Tilcara et Humahuaca où l'on parle le fameux quéchua.
 

Apolline se découvre sur cette fin de séjour argentin une véritable passion pour les cactus. Nous n'en finissons plus de nous arrêter pour les prendre en photo ...


Dans les villages, les rues sont au mieux pavées, en terre le plus souvent. Nous trouvons refuge pour notre dernière nuit argentine dans le village de Purmamarca, où Simon se fera chiper sa casquette auto-graphée de Gaël Monfils par un énorme chien joueur duquel, malgré l'importance de la relique, nous n'osons approcher ... Drame familial pendant une dizaine de minutes, avant d'être sauvés par un petit garçon de 5 ou 6 ans qui arrache au molosse la fameuse casquette que nous retrouvons dégoulinante mais intacte !


La route sinueuse nous mène à 4170 m d'altitude avant de redescendre vers les Salinas Grande, le paysage est sublime.

Nous atteignons La Quiaca (à 5171 km d'Ushuaïa), où nous passons avec un petit pincement au cœur la frontière argentine pour entrer à Villazon en Bolivie.



L'argentine, que nous avons sillonnée par la route (près de 8000 km !) de l'extrême sud à l'extrême nord, de la Patagonie intérieure à la côte atlantique, en passant par sa capitale et aux chutes d'Iguaçu à la frontière brésilienne et paraguayenne, nous a enchantés. Ce pays restera, comme l'Inde, une étape marquante de notre voyage.
La diversité de ses régions, le climat éprouvant, la richesse de sa faune, la gentillesse de ses habitants, ses inoubliables parilla, en font un pays passionnant dans lequel on aura vraiment envie de revenir...


Tilcara : premiers pas en Bolivie

Nous prenons quelques jours de repos dans la ville andine de Tilcara, entourée par ses montagnes ocres.
Tilcara (et la Bolivie peut-être ??) semble d'une autre époque : les publicités peintes à même les murs décorent les rues pavées, et les boutiques semblent ne pas avoir évolué depuis les années 50. Pour autant, on ne trouve que des pizzérias !
Les enfants travaillent et les parents préparent la suite (et la fin!) du voyage...
Nous faisons notre baptême équestre à l'occasion d'une balade dans un canyon, ambiance Far West !






Nous nous préparons maintenant à partir en expédition dans le sud Lipez, moment très attendu de ce tdm... 


samedi 5 avril 2014

Iguazu !

Tout d'abord, merci pour tous vos commentaires suite à notre article du 1er avril. Nous y avions réfléchi depuis plusieurs jours ; certains diront que nous avons que ça à penser...
Et ... oui, l'avantage de ce grand voyage est aussi de ne plus avoir les tracasseries du quotidien (ou presque) et notamment du boulot, ce qui laisse du temps libre... Il va quand même falloir s'y remettre pour éviter le ramollissement de cerveau, mais pas tout de suite !
Vous aurez reconnu deux célèbres places parisiennes ; excuses aux Ménadi d'avoir détourné leur photo de Berlin et enfin une rue de Prague. En revanche, l'appareil photo de Gauthier est bien en sursis et la rue des appareils photos volés existe bien !



Nous poursuivons donc notre programme avec les très attendues chutes d'Iguazu, cataractes à la réputation mondiale. Autant le dire tout de suite, le spectacle est époustouflant !
Après 19 heures de bus depuis Buenos Aires, nous profitons de l'après-midi pour faire un petit saut du côté brésilien, qui nous permet d'avoir une très belle vue d'ensemble de ces immenses chutes d'eau du Rio Iguazu. Nous sommes aussi excités de passer quelques heures au Brésil, tampon non prévu initialement sur le passeport ! Nous en avons aussi profité pour prendre un peu de hauteur (et alourdir notre bilan carbone ...), on en a pris plein les yeux...






Le lendemain, nous visitons ces chutes de plus près, du côté argentin, d'où l'on se rend compte de toute leur puissance, difficile à décrire. Elles s'étendent sur 2,7 km, entourées par une forêt tropicale avec ses animaux (discrets) en dehors des rapaces qui tournoient sans cesse dans le ciel et des papillons que l'on aperçoit au dessus de l'eau qui bouillonne.



Des arcs en ciel se forment dans les nuées d'eau, le tout donnant l'impression d'être dans un monde fantastique ! 


La Gorge du Diable est la plus impressionnante. Le volume d'eau qui se déverse est gigantesque, dans un grondement presque assourdissant; impossible de voir le fond du fait du nuage d'eau qui s'élève par vague dans le ciel et qui nous douche littéralement ! Impossible de reporter cela en photo ...

 
Les chutes d'Iguazu rentreront très certainement dans le Top 10, voire 5 pour certains, de notre voyage. Nous y avons aussi retrouvé une atmosphère subtropicale qui nous rappelle l'Asie avec chaleur et moiteur. Mais c'est un tout autre climat que nous nous apprêtons à trouver dans le grand nord de l'Argentine. Direction Salta à 26 heures de bus de Puerto Iguaçu !


mardi 1 avril 2014

Nouveau départ à Buenos Aires !


Nous reprenons nos habitudes urbaines en auberge de jeunesse et profitons de l'agréable salle commune agrémentée d'un billard et d'une (plus ou moins) bonne sélection musicale. Simon et Agathe en termineront bientôt avec leur programme scolaire tandis qu'Apolline poursuit consciencieusement les séquences du CNED.





Ici, la Patagonie nous paraît bien loin et nous redécouvrons le bruit, la circulation, la pollution et le béton des grandes villes. Cependant, il est agréable de retrouver un petit peu d'animation, qui manquait dans les villes du sud.

Nous logeons entre le quartier du Microcentro et du Congreso à l'angle de l'immense avenue 9 de Julio et ses 19 voies de circulation, la plus large du monde selon les Porteños  (habitants de Buenos Aires). Les immeubles Haussmaniens nous rappellent Paris ; incroyable !




 L'architecture est parfois surprenante !


Hélas, les deux places principales de ces quartiers ont leurs bâtiments ou monuments tagués, sont squattées ou entourées de barrières anti-émeute. Il faut dire que nous assistons, depuis notre arrivée, à plusieurs manifestations par jour, qui regroupent en moyenne une centaine de personnes.
Nous déambulons dans l'artère piétonnière de la ville, très fréquentée, sans réel charme...Mais on se console vite avec une généreuse et savoureuse glace argentine !


Toute la famille retient son souffle car, une nouvelle fois, l'appareil photo de Gauthier ne fonctionne plus (il avait déjà dû en racheter un à Singapour)... Mémoire de notre tdm, son précieux appareil va nous manquer... Pendant qu'il sillonnera Buenos Aires à la recherche d'une solution (on lui conseillera finalement de se rendre dans la rue des appareils photos volés pour en acheter un d'occasion...), nous visitons le musée national des Beaux Arts avec le plaisir de retrouver quelques toiles de nos impressionnistes.

Le quartier de la Recoleta est bien agréable et son cimetière (site le plus visité d'Argentine apparemment) étonnant avec ses grandes sépultures en marbres et statues surplombant les caveaux.


Le quartier San Telmo avec ses rues pavées, bâtiments coloniaux, artistes de rue, artisanat et galeries est très agréable aussi, reproduisant une petite ambiance place du Tertre à Montmartre. C'est sympa d'y flâner même si cela manque d'authenticité pour certains.



 Même pas peur à la Boca, quartier populaire réputé dangereux. En fait, tous les touristes sont concentrés sur El Caminito où, sur fonds de bâtiments en tôle colorée, les resto et magasins de souvenirs s'enchainent...Pas désagréable mais bon...Pour autant, Simon veillera bien à ce que nous ne débordions pas dans les rues alentour, comme recommandé pour éviter tout désagrément...(Dadou peut être tranquille...!).





Après cette bonne semaine de repos et de réflexions, le grand air et l'aventure nous manquent...
Par une extraordinaire coïncidence, nous faisons connaissance (dans la rue des appareils volés !), avec 3 jeunes colombiens qui terminent, à La Paz, en Bolivie, un tour d'Amérique du sud de 4 ans en camion, et qui cherchent un repreneur pour leur véhicule.
Hésitations, interrogations ... et nous franchissons le pas ! Nous rachetons le camion aménagé que nous récupérerons à La Paz dans 4 semaines !!

Nous prolongeons donc notre voyage de 8 à 12 mois pour explorer l'Amazonie brésilienne, la Colombie, le Nicaragua, le Honduras et le San Theodore du général Alcazar, où nous embarquerons, début 2015, pour Luanda en Ouganda, afin de remonter l'Afrique par sa côte ouest. Mais à ce stade, le parcours en terre africaine reste à préciser ...
Il va vraiment nous falloir un nouvel nouvel appareil photo !

mercredi 26 mars 2014

Périple en Patagonie

La Patagonie ... On en a beaucoup parlé, en se disant, en rigolant, que ça allait être l'aventure avec un grand A, qu'on allait avoir froid, qu'on aurait de la pluie ... Et bien ... on a tout eu, et tout de suite, et avec un vent à décorner les guanacos en prime!



Nous quittons donc la Terre de Feu au petit matin, en traversant en sens inverse le détroit de Magellan et prenons la direction de Puerto Natales. Le territoire est immense ; nous longeons les steppes interminables des estancias, peuplées de moutons, guanacos, vaches et chevaux. La route est malheureusement barbelée des deux côtés ; bivouac quasiment impossible dans cette région. Nous décidons donc de pousser directement jusqu'au camping du parc de Torres del Paine où nous débarquons à quelques minutes du coucher du soleil alors que nous n'avons encore jamais déplié la tente qui se trouve sur notre toit ... La tension est palpable dans la voiture alors qu'il commence à pleuvoir ...



Finalement la tente se monte en 5 minutes, mais il manque des morceaux du double toit ! Nous nous couchons avec une légère appréhension, qui se confirmera au cours de la nuit ... Ambiance humide au petit matin donc, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la tente, et le petit-déjeuner, dehors, alors qu'il fait 4°C est plutôt vivifiant !
Nous commençons à prendre la mesure de notre périple à venir ; et oui, on a signé pour 23 jours !


Le parc Torres del Paine
Nous profitons d'une accalmie pour replier la tente (mouillée) et nous réfugier dans la voiture au sec et au chaud ! Entre 2 averses, nous nous lançons dans une balade vers le Lago Grey et son glacier. Et là, nous oublions vite la pluie et le vent lorsque nous apercevons nos premiers iceberg échoués : magnifiques sculptures de glace bleutées avec en prime une petite éclaircie qui nous permet d'apercevoir le glacier au loin et les montagnes enneigées. Quelques minutes plus tard, l'arche d'un des iceberg se rompt...



"On dort où ce soir ?". Bonne question posée par les enfants en sachant qu'il continue de pleuvoir et que la tente n' a pas pu sécher. Pour tout dire, nous sommes un peu dépités ... ! En effet, une nuit dans un hôtel du parc, ça creuse un peu le budget. Mais nous n'avons vraiment pas le choix, mais demain on campe !

La balade du jour nous mènera face au massif granitique Del Paine dont les sommets sont balayés par les nuages. Encore une fois le vent est d'une force incroyable ! La nature, ici, est sans pitié et on se sent vraiment tout petits...





Nous poursuivons notre route dans ce parc immense en nous éloignant du massif montagneux, au milieu d'une steppe autrefois habitée par les moutons pour l'exploitation de la laine. La météo est plus clémente et nous déplions la tente à la Laguna Azul.



Un sympathique gaucho gère un Eco Camp, zone de free camping avec une salle commune. Un cuisinier prépare un repas pour un groupe de passage. Le garde du parc vient boire son café après avoir ramené ses chevaux dans leur enclos et propose aux enfants un petit tour à cheval. Agathe fait amie-ami avec un renard. Les garçons jouent au cricket, pendant que les filles partent en balade. La journée passe tranquillement...




La pluie menace ; nous remballons notre bivouac. Mais une fois l'ensemble empacté, le soleil repointe à l'horizon. On reste, on part ? Aller, on redéballe tout pour une nuit de plus !
Nous quittons ce magnifique parc le lendemain complètement revigorés !




Le glacier Perito Moreno
Le spectacle continue sur la ruta 40 toujours aussi ventée. Nous repassons la frontière et nous atteignons El Calafate en Argentine, pour ne plus la quitter jusqu'à Buenos Aires. Nous attendions cette étape et nous ne sommes pas déçus .
Ce glacier, qui reste stable avec ses 30 km de long, 5 km de large et 60 m de haut, est vraiment très impressionnant; surtout quand des pans de glaces tombent dans l'eau en faisant un bruit de tir d'arme à feu ou lorsqu'on entend la glace craquer. Chacun y va de ses comparatifs, le plus approprié (pour Magali) serait une belle meringue sur une tarte au citron ! Et cette couleur bleue aux endroits où la glace est le plus compactée est vraiment magnifique...


 

El Chalten – Le Fitz Roy
Nous poursuivons notre route au milieu des paysages grandioses de Patagonie. Le vent balaye tout sur son passage et la valise sur le toit est rattrapée de justesse, sa housse de protection déchirée. Nous nous installons pour deux nuits dans une confortable cabanas où les enfants pourront travailler un peu plus à l'aise !




Mais ils n'échapperont pas à la rando du jour pour voir la montagne du Petit Prince, qui a bien voulu se découvrir. L'un des pic du massif a d'ailleurs été baptisé Saint Exupéry.




Bon, là encore c'est splendide, on se répète....En France, nos montagnes sont aussi belles et imposantes mais la différence en Patagonie, c'est l'immensité qui les entoure, la rudesse du climat, les rapaces sans arrêt au dessus de nos têtes et la préservation des sites avec des infra-structures minimales. Nous apprécions aussi l'accueil toujours chaleureux des patagoniens, leur générosité et leur prévenance. Nous sommes vraiment frustrés de ne pas parler espagnol même si Apolline joue parfaitement bien les interprètes.


La Ruta 40 et la RP 25
Nous quittons la Patagonie intérieure, pour rejoindre la côte atlantique et gagner, nous l'espérons, quelques degrés. Mais le chemin sera long pour y parvenir...En effet, la route n'est pas goudronnée et il faut rouler sur une piste caillouteuse et boueuse en temps de pluie avec des ornières et des gros trous partout... Rigolo au début mais vite éprouvant...Pas un chat tout le long de la traversée mais une presque sortie de route et un puma qui impressionne tout le monde !

Avant de longer la côte, nous faisons une petite incursion à l'intérieur des terres pour voir les restes d'une forêt pétrifiée. Le paysage est curieux avec de grandes plaines caillouteuses entourées par des montagnes aux sommets étonnement plats.
Nous campons à la Paloma, au milieu de nulle part. Minuscule camping tenu par un vieux monsieur, ses chiens, son chat qui nous tiendront compagnie.

Cabo Dos Bahias et la Peninsule Valdès
La remontée vers Buenos Aires par la ruta 3 sera longue et monotone au travers la Pampa. La steppe a laissé la place aux dunes puis aux terres agricoles. Les villes argentines que nous avons traversées sont bien tristounettes à l'heure de la sieste. Tout est fermé de 13H à 17H30. Certaines sont industrielles avec les foreuses et les cuves à pétrole à proximité, construites en grandes avenues ventées, d'autres "balnéaires" mais ce n'est plus vraiment la saison des maillots de bain ! Notre difficulté sera de trouver des endroits où dormir; le bivouac étant quasi impossible dans cette région avec notre (fichue) tente (!) et beaucoup de camping fermés ou à l'abandon...


Heureusement, les animaux marins nous auront bien divertis à Cabo dos Bahias et sa colonie de manchots de Magellan, qui remonteront bientôt au large du Brésil. Cette baie, déserte, sera l'occasion de faire notre dernier bivouac, récompensé par un magnifique ciel étoilé avec des étoiles filantes et un lever de lune impressionnant.





Ensuite, nous passerons quelques jours au village endormi de Puerto Piramidès dans la péninsule Valdès. Les baleines n'étant pas au rendez-vous (pas la saison), tout est fermé ou quasi. Nous serons en tête à tête avec les otaries, les éléphants de mer et leurs petits qui vont et viennent dans la mer. Nous ne serons pas déçus de ne pas voir d'orques qui peuvent venir jusque sur le rivage pour en faire leur repas !
 



Nous voilà arrivés à Buenos Aires, pas mécontents de nous séparer de la voiture après plus de 5000 km parcourus et de retrouver la Ville, qui, aux premiers abords, nous paraît très plaisante.
Notre périple aura été intense, éprouvant parfois (voire souvent), mais aura incontestablement marqué notre voyage. Pour résumer, même s'il y a tant à raconter, la Patagonie, c'est grandiose !



Et pour terminer, la tienda sur la coche, mode d'emploi !
(ne marche pas toujours en plein écran a priori ; dîtes nous si vous ne voyez rien ...)